| PHYTOPLANCTONCTON
ET CHANGEPHYTOPLANCTON ET CHANG
CORAUX
ET ZOOXANTHELLES
Les
coraux vivent généralement dans des eaux relativement
pauvres en nourriture et à de faibles profondeurs,
où la lumière du soleil peut pénétrer
dans l'eau. L'observation des polypes montre que, pour la
plupart, ces animaux sont colorés en jaune-brun. Cette
coloration est due à la présence, dans des cellules
du corail, d’organismes unicellulaires photosynthétiques,
les zooxanthelles, Dinoflagellés brun doré du
genre Symbiodinium. Sans les zooxanthelles, le corail serait
blanc.
Les coraux durs batisseurs de récifs (Scléractiniaires
ou Madréporaires) et certains Actiniaires, Corallimorphaires,
Zoanthaires et Octocoralliaires (Alcyonacea et Gorgonacea)
renferment tous des organismes unicellulaires de ce type.
L’association des coraux et des zooxanthelles profite
aux deux partenaires et constitue une symbiose. Un corail
peut se nourrir en filtrant les particules présentes
dans l'eau, mais, en réalité, une grande partie
de sa nourriture lui est fournie par les zooxanthelles qu’il
contient.
Les zooxanthelles captent la lumière du soleil. Grâce
à cette énergie, les zooxanthelles produisent
de la matière organique : c'est la photosynthèse.
Elles en produisent même plus qu'elles n'en ont besoin:
le restant sert à nourrir le corail. En échange,
le corail produit des substances, comme de l'azote ou du phosphore,
dont les zooxanthelles ont besoin.
La lumière un facteur écologique important.
Un manque de lumière entraîne une plus forte
dispersion des zooxanthelles et une diminution de leur nombre.
A l’inverse trop de lumière peut conduire à
une abondance de zooxanthelles et une régression des
polypes: les coraux blanchissent.
Face à des stress d’origine naturelle (élévation
de la température, forts coefficients de marée,
prolifération d'Acanthasters …) ou anthropique
(pollutions, sédimentation terrigène, …),
les coraux réagissent de manière variable selon
l’intensité de la perturbation et l’espèce
considérée. Ainsi, lorsque la température
de l’eau de mer dépasse de manière prolongée
la valeur maximale de tolérance, l’activité
photosynthétique des zooxanthelles devient trop élevée
et conduit les polypes à rejeter activement les zooxanthelles.(L.Charpy
ARVAM & J.P.Quod IRD)
Ces situations sont, dans certaines limites, réversibles
si les conditions redeviennent favorables. Mais le processus
de réchauffement global de l’atmosphère
et des océans, qui pourrait atteindre 2°C sur les
50 prochaines années constitue une menace sérieuse
pour la survie des coraux puisque la limite de tolérance
serait durablement dépassée.
LE
PLANCTON
Dans
l’océan, le plancton regroupe tout les êtres
vivants qui sont passivement transportés par les courants
ou les mouvements de la mer. En réalité beaucoup
de ces organismes planctoniques sont, quand même, capables
de se déplacer par eux-mêmes dans un espace limité.
Ces organismes sont des animaux ( zooplancton) qui , comme
certaines méduses, peuvent atteindre une taille de
plusieurs mètres, des végétaux microscopiques
( phytoplancton) ou encore des bactéries ( bactérioplancton)
et même des virus.
Il faut bien aussi se représenter que l’essentiel
de la vie marine - et de la planète Terre - est fait
d’organismes unicellulaires, microscopiques, dont la
taille moyenne est de quelques fractions de microns.
LE
PHYTOPLANCTON
Dans
le phytoplancton, on trouve des végétaux microscopiques
vivant dans les océans mais aussi dans les eaux douces.
Il en existe de très nombreuses espèces ayant
chacune leur forme caractéristique, leurs mileux de
vie, en particulier en fonction des nutriments disponibles
: azote, phosphore, fer,… et , bien sur, CO2 .
On peut considérer que le phytoplancton assure deux
rôles essentiels : capter l’énergie solaire
pour, au moyen de la photosynthèse capter le CO2 et
le transformer en matière organique vivante et constituer
le premier maillon de la chaîne alimentaire : sans phytoplancton,
pas de poissons ! Certaines espèces comme Emiliania
huxleyi sont aussi capables de fabriquer directement
du calcaire ( carbonate de calcium). Ainsi, à l’échelle
des temps géologiques, l’océan constitue
le principal système de stockage du CO2.
PHYTOPLANCTON
ET CHANGEMENT GLOBAL
Plus
il y a de phytoplancton dans les océans, plus le CO2
est absorbé. Ceci doit contribuer à diminuer
la teneur en CO2 de l’atmosphère et réduire
l’effet de serre. Et plus il y a de CO2, plus les oranismes
phytoplantonique croissent …à condition qu’il
y ait suffisamment de nutriments – le fer est limitant
- … à condition aussi que l’océan
ne devienne pas trop acide. Les scientifiques suivent donc
de très près le comportement du phytoplancton,
en particulier en analysant les images obtenues par les satellites
capables de distinguer les couleurs des différents
pigments photosynthétiques.
UNE
REVOLUTION DANS L'OCEAN: LA BIO-CALCIFICATION
Une
grande partie des animaux posède un squelette interne
( vertébrés) ou externe ( invertébrés).
Certaines micro-algues marines comme les cocolithophorides
( Emiliana huxleyi) sont également munies d’une
sorte de squelette externe composé d’une juxtaposition
de disques de de carbonate de calcium. D’autres, comme
les diatomées font appel à la silice pour se
protéger.
Dans
tous les cas, ces squelettes sont formés de matériaux
composites créés par les organismes vivants
eux-mêmes. Ces bio-matériaux sont les précurseurs
de nos matériaux composites modernes. Il en ont la
légèreté et la résistance mais
aussi et bien d’autres propriétés.
L’origine
des biomatériaux calcifiés remonte à
plusieurs centaines de millions d’années. Il
fut une époque ( il y a plus de 600 millions d’années)
où l’océan était beaucoup plus
salé ( minéralisé) qu’aujourd’hui.
Les animaux étaient alors dépourvus de squelette
et se protégeaient des dépots de minéraux
et , en particulier de calcaire, en s’entourant d’un
mucus.
Avec la salinité décroissante de l’océan,
cette protection est devenue de moins en moins nécessaire
et,au fil du temps, les molécules de mucus ont évolué
pour disposer, de place en place, de points d’accrochage
pour le calcium. C’est là l’origine de
la matrice organique qui constitue la base des os ( vertébrés)
ou des carapaces ( insectes, crustacés, etc.) . Les
biochimistes ont récemment pu reconstituer l’histoire
de ces molécules de mucus qui ont toutes un petit air
de famille mais aussi leur découvrir de très
interessantes propriétés dans le domaine de
la santé..
L’expansion
et la diversification de ces animaux à squelette sont
venue après les extinctions massives survenues entre
610 et 570 millions d’années ou plus récemment(
environ 200 millions d’années) pour les microagues
calcaires comme E. huxleyi. Les places laissées libres
ont été rapidement colonisées par ces
nouveaux venus qui ont eu le succès que l’on
sait.
LA
BIODIVERSITE MARINE
La
vie est née dans les océans, profondeurs abyssales
près des rejets des sources hydrothermales ou bien
dans des lagunes littorales, on ne sait pas encore très
bien. C’était il y a près de 3,8 milliards
d'années et cette durée doit être mise
en perspective avec celle relativement courte des 400 millions
d'années de la vie continentale. C’est ainsi
que la vie marine est, au terme d’une très longue
évolution, par de nombreux aspects, différente
de celle des terres émergées mais aussi beaucoup
plus diverse.
Encore faut-il s’entendre sur ce que signifie le terme
« biodiversité ».
Les
océans sont beaucoup plus stables que les environnements
terrestres et, de ce fait, favorisent moins les effets de
« niches »: Aujourd’hui, les espèces
marines ne représenteraient, finalement que 10 % environ
de celles qui sont connues aujourd'hui (les insectes en représentent
bien plus de la moitié). Mais cette stabilité
des océans a, à l'inverse, favorisé le
maintien des très nombreuses formes d'organisation,
les phylums*, dont un grand nombre ne se retrouve que dans
les océans. Phylum, par exemple, chez les animaux,
celui des Vertébrés, des Poissons aux Primates,
phylum encore celui des Echinodermes : oursins, étoiles
de mer,… mais qui a vu des oursins ou des étoiles
de terre : ce phylum est exclusivement marin.
Chez les végétaux on compte trois mondes différents
: le vert, le rouge et le brun. Le vert peuple les océans
et les terres émergées : ce sont nos végétaux
des forêts, des champs, des pelouses ou bien encore
des algues vertes. Rouge et brun, plus récents dans
l’évolution sont ( presque) exclusivement marins
: algues rouges, algues brunes.
On
sait aussi que la quasi totalité de la production de
biomasse des océans provient de minuscules organismes
photosynthétiques (picophytoplancton),
encore inconnus il y a vingt ans, et que ces organismes assurent
une part majeure du fonctionnement géophysiologique
de la planète. C'est ainsi qu'en 2004, 60 chercheurs
de 13 nationalités différentes ont étudié
la vie dans les grandes profondeurs, le long de la dorsale
médio-atlantique (expédition Mar-Eco 2004),
capturant des espèces rares et pour certaines jamais
décrites de poissons, de calmars et d'organismes encore
inclassables. Même les campagnes de pêche commerciale
rapportent régulièrement des espèces
de poissons jusqu'alors totalement inconnues des scientifiques.
La réalité de la biodiversité marine
va sans doute au-delà de ces observations classiques.
Les missions de découverte et d'observation des fonds
marins laissent parfois apercevoir, furtivement, des êtres
vivants parfaitement inconnus, inclassables. Peut-être
certains d'entre eux représentent-ils des phylums ignorés
et, sans doute pour longtemps, hors de notre champ d'investigations.
Bien
d'autres facteurs doivent être pris en compte pour comprendre
la nature spécifique de la biodiversité marine.
C'est donc tout un ensemble de contraintes physico-chimiques
d'organisations tridimensionnelles complexes qui encadre chaque
organisme, à l'image de la pression, de l'absence de
lumière aux très grandes profondeurs, des îlots
chimio-synthétiques près des fumeurs abyssaux
ou tout simplement le fait que la mer soit salée :
chlore, brome, iode sont incorporés dans des structures
moléculaires des organismes marins.
UN
PETIT VER MARIN SOUS LES FEUX DE LA RAMPE
Jusqu’à
présent, le ver annelide Platynereis dumerilii
était, pour les spécialistes, un objet de curiosité
essentiellement en raison de ses rythmes de reproduction calqués
sur les cycles lunaires. Depuis quelque temps, Platynereis
dumerilli a atteint le statut envié de modèle
d’étude pour les biologistes: Facile à
élever en laboratoire, Platynereis a tout du fossile
vivant. L’organisation de son corps, en segments répétitifs,
semble avoir peu évolué depuis 600 millions
d’années.
Des chercheurs de l’EMBL ( Laboratoire Européen
de Biologie Moléculaire) ont monté que l’Homo
sapiens est en réalité génétiquement
beaucoup plus proche de Platynereis, cet humble ver marin,
que d’ organismes aussi sophistiqués que l’abeille.
Autre résulat de ces études, un ancètre
commun d’Homo sapiens et de Platynereis serait
Urbilateralia . Urbilateria… C’est l’appellation
érudite donnée à l’ancêtre
hypothétique commun de tous les animaux «symétriques
bilatéraux» – par rapport à l’axe
de leur corps –, des vers aux insectes et des poissons
aux mammifères. Urbilateria vivait il y a plus de 600
millions d’années, mais on ne sait presque rien
de cette créature, qui n’a laissé aucun
fossile. Urbilateria passionne donc les spécialistes
de l’évolution.
Mais Platynereis tient aussi la vedette pour une
autre raison : Les larves de Platynereis possèdent
l’œil le plus simple de tout le monde animal, sans
très proche du premier œil développé
au cours de l’évolution. Ces « yeux »
ne peuvent former une image mais ils sont connectés
à une fibre nerveuse et permettent aux larves de se
déplacer en fonction de la lumière. Ces yeux
sont composés uniquement de deux cellules. Le photorécepteur
détecte la lumière et la transforme en signal
électrique transmis par une fibre nerveuse à
des cellules munies de cils dont les battements assurent le
déplacement de la larve. Des modifications de l’éclairage
entraînent un changement dans le battement des cils.La
seconde cellule contient des pigments et confère la
sensibilité à la direction de la lumière
.
Mechanism of phototaxis in marine zooplankton.
Jékely G, et al. Nature. 2008 Nov 20;456(7220):395-9.
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DR

Zooxanthelles
(Scott R. Santos, State University of New York at Buffalo)

Le blanchiment
du corail (DR)



Emiliania
huxleyi
Photos
Droits Réservés Daniel Jouvance
Algues
vertes ( Coll Crouan Biol.marine MNHN.Concarneau)

Algues
rouges (Coll Crouan Biol.marine MNHN.Concarneau)

Algues
brunes( Coll Crouan Biol.marine MNHN.Concarneau)

Platynereis
dumerilii
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